Journal d’un militant CGT de 58 ans salarié à la Banque de France et d’un jeune adhérent.

de | 17 juin 2016

manif paris Journal d’un militant CGT de 58 ans salarié à la Banque de France et d’un jeune adhérent.

Ce mardi 14 juin, levée à 5h00 du matin nous avons rendez vous à 6h sur un parking d’une grande surface à la périphérie de Saint-Brieuc. 4 cars partent des Côtes d’Armor vers Paris ; Tout le monde est à l’heure et déjà de bonne humeur, joyeux et festif : nous convergeons tous vers le même but : retrait de la loi EL Khomri et plus si affinité… Après plus de 5h de trajet, à 12h, nous sommes bloqués Porte d’Italie, et décidons de quitter le bus.

Une manifestation spontanée s’organise pour regagner la place d’Italie. Nous empruntons l’avenue d’Italie où nous occupons la moitié de la chaussée. Cortège bon enfant, bruyant et déterminé. Du monde devant, derrière, sur les trottoirs. Des manifestants de toutes les régions de France, des drapeaux à perte de vue, CGT, Solidaires, FO, FSU, et tant d’autres.. Il est 14h quand nous arrivons enfin Place d’Italie. Nous rejoignons le carré de la Fédération des Finances où nous retrouvons d’autres salariés de la BDF. Cela fait du bien de se retrouver aussi nombreux. Tout le monde rigole, débat et reste motivé sur la suite de la lutte. Après une heure de partage avec nos camarades, nous décidons de rejoindre la délégation Bretagne en tête de cortège. Nous devons prendre notre bus à 17h au bout du trajet de la manifestation.

Qui n’a jamais remonté le parcours d’une manifestation n’a jamais rien vu ! Que d’émotion de voir tous ces salariés, chômeurs, retraités, lycéens, étudiants, mobilisés pour un même but : le retrait de la loi travail, et au travers de cela, permettre aux plus jeunes de ne pas vivre des conditions de travail plus dures que les nôtres. Inacceptable que la génération suivante puisse vivre plus mal que la génération qui l’a précède… A méditer. En cela nous sommes tous concernés.

Comment ne pas être fier d’être là aujourd’hui au milieu de toute cette détermination, de cette créativité incroyable, de cette imagination mise au service d’une cause : ne plus vivre comme des esclaves.

En nous rapprochant du boulevard des Invalides, nous sentons de plus en plus une tension palpable, toutes les rues transversales sont bloquées par des cordons de CRS. Des abris bus détruits, J.C Decaux doit se retourner dans sa tombe, lui qui nous a imposé depuis déjà bien longtemps ces publicités débilitantes…

Quelques vitrines fracassées, tous les magasins fermés…Atmosphère anxiogène. Au loin des explosions, de gros nuages de lacrymaux, des manifestants qui remontent à contre-sens, les yeux rougis : « ça castagne plus loin ».

Difficile à croire que les forces de l’ordre, vu les moyens mis en place n’aient pas réussi à canaliser ces casseurs. Après tant d’années de manifestations c’est la première fois que je vois cela et la peur de se faire agresser par les forces de l’ordre, froides et déterminées prêtes à en découdre. Nous réussissons à regagner notre bus vers 17h30, certains de nos camarades ont été bloqués et nous sommes repartis de Paris à 20 h, arrivée toujours dans la même bonne humeur à 2h du matin à Saint-Brieuc

Pour résumer : Indigne attitude des forces de l’ordre durant cette manifestation : elles ont été aux premiers rangs des provocateurs avec leur étalage de force. Dégoût concernant les casseurs qui font le jeu de ceux qu’ils pensent combattre. Mais qui sont-ils réellement. Écœurement concernant le traitement par les médias de cette journée d’action. Comment pourrait-il en être autrement quand la plus grande partie des organes de presse est entre les mains de quelques milliardaires.

Colère concernant les réactions de Hollande et Valls ce matin, menaçant d’interdiction toute manifestation nationale.

Inacceptable de tenir pour responsable la CGT des exactions perpétuées durant cette manifestation. « Mais que fait la police » ?

Magnifique attitude des manifestants qui ont su ne pas répondre aux provocations des forces de l’ordre. Fier d’être adhérent à la CGT, syndicat combatif, revendicatif et ouvrant le débat vers d’autres perspectives. Détermination à poursuivre la lutte Espoir de ce qui grandit en France : un vent de révolte. HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

Bertrand…

NDLR : Le témoignage de Bertrand résume bien le sentiment général de ceux qui fréquentent la page. C’est la raison qui nous a conduit (avec son accord) à le diffuser sur la page.

Merci à tous, pour les messages, photos, vidéos que vous nous faites parvenir. Nous ne pouvons pas, hélas, tout publier, mais continuez à contribuer à l’enrichissement de votre réseau social …

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