Lettre ouverte de la CGT du CNFPT à Marylise LEBRANCHU Ministre de la Fonction Publique et François DELUGA Président du CNFPT

de | 26 octobre 2015

Lettre ouverte à Marylise LEBRANCHU et François DELUGA

Madame la Ministre de la Fonction Publique,

Monsieur le Président du CNFPT,

Chacun a bien compris qu’en baissant de 10% ou 20% les recettes du CNFPT, il s’agit de l’étrangler financièrement.

Chacun a bien compris que ce que la Cour des Comptes n’a pas réussi à imposer – la dénaturation juridique de l’établissement-, le gouvernement veut l’obtenir par sa mise sous tutelle budgétaire. Dans quel but sinon préparer un plan social d’ampleur et à terme la liquidation du CNFPT ?

Ces éléments sont bien compris par l’immense majorité de ceux qui sont attachés au CNFPT.

A commencer par ses agents dont leur capacité à défendre l’établissement n’est plus à prouver puisqu’il y a 3 ans, en quelques jours, plus de 1.000 agents du CNFPT signaient la pétition de l’intersyndicale pour la défense du 1%.

Depuis quelques jours, les agents du CNFPT sont les spectateurs d’une partie de ping-pong entre différents acteurs : ministre de la Fonction Publique, président Deluga, AMF, ARF… sur le taux de cotisation.

Des motions, des lettres circulent où sont évoqués différents taux possibles : 0,8% ; 0,9%, 1%.

Mais dans tous ces courriers et motions, il y a une constante : personne ne parle des agents du CNFPT.

13 octobre : dans son courrier au président Deluga, Mme Lebranchu ose écrire :

« Une diminution de 0,9% au lieu de 0,8% apportera des marges aux collectivités territoriales sans dégrader votre capacité d’action »

Sans dégrader notre capacité d’action ? Mais Madame la Ministre, que savez-nous de notre capacité d’action et du caractère ou non dégradé de nos conditions de travail ?

15 octobre : dans sa réponse, le président Deluga écrit :

« Nos propositions [alternatives] ont l’avantage d’être soutenables sur le plan budgétaire »

« Des propositions soutenables sur le plan budgétaire» ? Peut-être ! Mais, Monsieur le Président, le sont-elles sur le plan humain ?

Madame le Ministre de la Fonction Publique, Monsieur le Président du CNFPT, dans vos échanges épistolaires, avez-vous à l’esprit les 2392 agents du CNFPT qui accomplissent au quotidien leur mission de service public, leurs conditions de travail, leur santé au travail ?

Que faîtes vous des 39% d’agents de l’établissement qui ont déclaré avoir connu des situations de détresse psychologique dans la période récente ?

Que faîtes-vous des centaines d’agents précaires qui du fait de la politique d’austérité du gouvernement et de notre exécutif se sont retrouvés du jour au lendemain à la porte ?

Avez-vous idée de ce que cela signifie d’absorber 27% d’activité en plus à effectifs constants ?

Avez-vous à l’esprit ce qu’a dit une déléguée syndicale d’Air France dans le journal Libération, expliquant la colère du personnel devant le plan de 2900 suppressions d’emploi : « Pour nous, les efforts ont été faits, Les salariés ont donné 20 % de productivité. Il y a moins d’hôtesses et de stewards à bord, on est à l’os. Et tout ça pour quoi ?

Alors, Madame la Ministre de la Fonction Publique, arrêtez de jouer avec les nerfs des agents du CNFPT en jouant de manière désinvolte au yo-yo avec le taux de cotisation du CNFPT !

Monsieur le Président du CNFPT, ne nous parlez pas de développement de l’activité, développement de l’apprentissage, développement des formations gratuites, de mesures « budgétairement soutenables » sans vous demander préalablement si elles sont « humainement soutenables » !

Salaires bloqués, carrières bloquées, conditions de travail dégradées : la période récente a montré que l’exaspération pouvait rapidement se transformer en colère sociale.

Il ne suffit pas d’en appeler au « dialogue social » – encore faut-il écouter ce que les agents et leurs représentants ont à dire :

Maintien du 1% au CNFPT : cette revendication n’est ni négociable, ni amendable

– Augmentation générale des salaires – point d’indice et régime indemnitaire

– Titularisation des emplois précaires et création des postes statutaires nécessaires.

– Stop à l’augmentation de la charge d’activité

– Stop aux carrières bloquées

– Ne touchez pas à nos acquis sociaux (prime restauration…), retirez les mesures d’austérité budgétaire de la note de cadrage budgétaire

Ce sont ces revendications que nous entendons porter dans la période qui s’ouvre et qu’il est urgent de satisfaire pour répondre aux attentes de nos collègues.

Veuillez agréer, Madame la Ministre de la Fonction Publique, Monsieur le Président du CNFPT, notre considération distinguée.

Pour le syndicat CGT du CNFPT,

Jean-Michel Delaye

Secrétaire Général

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