Réponse de la CGT Métropole au courrier de Gerard Collomb

de | 10 avril 2015

 

« Venez à moi les petits enfants ! »

Les agents ont bien reçu à partir du samedi 4 avril 2015 votre courrier du 27 mars dernier !

Votre ton, à la fois moralisateur, culpabilisant et paternaliste, prouve en fait que vous esquivez le malaise exprimé par l’ensemble des agents de la Métropole depuis des mois, et, en particulier, des 3 000 qui ont fait grève le 23 mars dernier.

 

Décryptage de votre courrier « Préparez vos mouchoirs ! »

Sur le régime indemnitaire

Extrait du courrier

Nous ne contestons pas le fait que la loi s’applique et garantisse effectivement à chacun ses modalités de régime indemnitaire acquises individuellement. Par contre, pour des raisons d’équité évidentes entre les agents au sein des mêmes collectifs de travail, les organisations syndicales demandent un alignement de l’ensemble des éléments de rémunération, par le biais du régime indemnitaire, et, notamment, l’attribution de la prime de fin d’année et de la prime d’intéressement versée aux personnels de l’ex Grand Lyon à ceux de l’ex Département du Rhône comme aux futurs employés métropolitain

Comment demander à des agents traités de façon différente, au seul motif qu’ils viennent de collectivités différentes, de s’investir comme « un seul homme » pour une Métropole qu’ils n’ont pas choisie ?

Sur le cycle des « 23 réunions entre les syndicats, les élus et l’administration » et le dialogue social

Nous n’avons eu de cesse de dénoncer les conditions dans lesquelles se sont déroulées ces réunions, simulacres de dialogue social. Au cours de ces séances, l’administration a déroulé son processus (en règle générale : présentation de l’existant par l’administration dans les 2 collectivités, présentation de ce qui était envisagé par l’administration et information immédiate du dispositif imposé dans la lettre « la Métropole et vous »). Dans cette communication, l’administration prend grand soin d’omettre toute traduction à minima de l’expression des organisations syndicales. Quelle place pour le débat et le dialogue dans ce processus ? = Aucune.

 

La loi impose que les instances paritaires, organes légitimes du dialogue social, soient consultées, suffisamment en amont, sur des dossiers majeurs comme ceux des réorganisations, de fait mises en place de manière sauvage. Elles ne l’ont été qu’à la marge, dans la précipitation, sur la base de documents trop souvent incomplets, imprécis ou comportant de multiples erreurs, ou sur la demande expresse des organisations syndicales (exemple pour le temps de travail en CHSCT).

Sur les délibérations du 23 février 2015

  • Extension de la couverture mutuelle

 Il ne s’agit pas d’un coût supplémentaire mais plutôt d’un coût normal lié à l’arrivée de 4 000 agents de l’Ex Département du Rhône, qui bénéficiaient pour certains, d’une prise en charge supérieure à celle imposée deux mois avant la mise en place de la Métropole de Lyon !

Temps de travail

 Votre courrier n’évoque pas celle prise sur les trois formules proposées pour le régime général, faisant fi des revendications des représentants du personnel pour l’adoption des 5 cycles existants dans l’Ex Département du Rhône, plus adaptés à l’organisation vie/professionnelle/vie privée.

Alignement de la valeur du ticket restaurant

 Combien d’agents de la Métropole en bénéficient réellement ? Quelle nouvelle dotation mensuelle s’opère ?

Pour mémoire, dès 2009 vous vous étiez engagé à revaloriser le montant de la valeur faciale de ces tickets (Cf. ci-dessous l’extrait du compte rendu du 10 novembre 2009 prévoyant une revalorisation annuelle progressive jusqu’en 2013 pour arriver à 8,50 € avec une participation employeur de 60 %).

1er janvier 2010  6,50 €  avec prise en charge à 60 % par la collectivité.

1er juillet 2010  7 €  avec prise en charge à 60 % par le Grand Lyon.

1er juillet 2011  7,50 €  avec prise en charge à 60 % par le Grand Lyon.

1er juillet 2012  8 €  avec prise en charge à 60 % par le Grand Lyon.

1er juillet 2013  8,50 €  avec prise en charge à 60 % par le Grand Lyon.

Irène Gazel indique que la proposition tient compte des remarques formulées lors de la

première réunion sur le principe de l’échelonnement de l’augmentation de la valeur faciale du

titre qui est retenu, mais surtout, sur la prise en charge de la part du Grand Lyon qui passerait

dès janvier 2010 à 60 %.

Taux de subvention du COS

 Vous faites état d’un coût supplémentaire pour la collectivité lié à l’augmentation du budget affecté au COS. Les agents issus du Conseil général bénéficiaient d’un CASC avec des prestations largement supérieures à celles offertes aujourd’hui. Pour certains agents, notamment le personnel féminin de catégorie C à famille monoparentale, la perte de prestations est énorme et remet en cause, par exemple, le fait de partir en vacances ou d’envoyer leurs enfants en vacances. Vous comprendrez que l’angle de vue que vous avez choisi pour parler du COS résonne douloureusement à certaines oreilles !

 Effectifs de la Métropole de Lyon

 La délibération soumise au Conseil le 23 février 2015 prévoit des effectifs à hauteur de 9 198 agents. Malgré nos demandes légitimes réitérées d’une déclinaison de ces effectifs par direction, service et cadre d’emploi, plus de 3 mois après la mise en place de la Métropole, vous êtes toujours dans l’impossibilité d’une transmission fiable pourtant réglementaire.

Le budget 2015 prévoit une masse salariale pour un effectif de 8 700 personnes, ce qui représente 17,6 % des dépenses de fonctionnement, au lieu de 19 à 20 % en moyenne pour des collectivités territoriales comparables, soit un différentiel de l’ordre de 21,9 à 52,5 M€.

 Sur l’augmentation des « dépenses de la collectivité pour ses agents de + 4,2 millions d’euros »

 Nous constatons que les agents sont réduits à des « dépenses », à de l’argent, à « l’effort réalisé », « à un point d’impôt ». Quelle image avez-vous de vos agents et des 8700 personnes qui œuvrent pour le service public ?

L’engagement des personnels pour les services publics dont bénéficient les citoyens de la Métropole de Lyon, leur capacité à « assurer », malgré tout, du mieux qu’ils peuvent, leurs missions d’intérêt général, parfois dans les plus mauvaises conditions, ne sont-il pas d’autres paramètres à prendre en compte dans votre analyse et vos principes de gestion des ressources humaines, en tant qu’employeur ?

Sur l’appel à la grève des organisations syndicales

 Le président évoque le fait que les organisations syndicales « ont appelé à la grève »,  malgré « les mesures qui venaient d’être adoptées ». Les agents et les organisations syndicales auraient dû accepter des mesures qui n’ont, en aucune façon, ni sur le fond ni sur la méthode, répondu à minima à leurs revendications réelles ?

Vous imaginez-vous que les organisations syndicales agissent en leur nom propre, sans aucune consultation préalable ? Comment aurions-nous pu dans ces conditions mobiliser plus de 3 000 agents, dont certains n’avaient jamais fait grève de leur vie ?

Pour mémoire, la liberté syndicale et le droit de grève relèvent en France des libertés et droits fondamentaux reconnus par les textes fondateurs de notre République. Vous ne pouvez pas faire ce reproche voilé aux agents.

Et… les « débordements inadmissibles » et « violences commises »

 Nous contestons fermement votre vision des faits.

Le « chahutage bon enfant », les coups de sifflets, les chants et les pétards ont servi de soupape aux agents en colère ! Les personnes présentes dans le hall et sur la mezzanine savent bien d’où la véritable  violence est venue, lorsque les différentes forces de l’ordre s’en sont prises à des agents assis pacifiquement, à du personnel féminin des services sociaux trainé manu militari dans le hall,…

Sur la gestion des conflits  par la culpabilisation

 Vous évoquez le problème majeur du chômage. Nous partageons votre point de vue quand il s’agit d’en combattre les causes et de bâtir un réel projet politique pour gérer ce fléau ! Culpabiliser les agents sur le fait qu’ils ont du travail et réduire les effectifs de façon drastique au risque de mettre en péril le service public ne feront grandir personne.

Vous insistez sur les économies à réaliser sur les dépenses de fonctionnement compte tenu de la baisse des dotations.  Mais pourquoi prendre les agents de la fonction publique comme unique variable d’ajustement ? Les agents ne sont pas rétifs au changement comme vous semblez le croire, on ne les associe pas à la mise en place de la Métropole et on les pénalise sur le temps de travail, les conditions de travail et on ne les reconnait pas dans leurs engagements auprès des citoyens/usagers. Pensez-vous leur faire courber l’échine par la force ?

Je souhaite qu’un dialogue permanent puisse exister entre les élus et les agents de notre Métropole

… tout comme les organisations syndicales qui font partie du paysage démocratique jusqu’à preuve du contraire ! Le souhaiter ne suffira pas, un véritable dialogue social reste à construire avec nous. 

Enfin, nous vous rappelons un des autres exemples de vos engagements antérieurs

 Extrait du protocole d’accord du 10 juillet 2003 :

 

« La Communauté urbaine émet un accord de principe pour aligner l’indemnité de résidence sur celle de Paris et Marseille, classées en Zone I (3%), puisque selon l’INSEE, l’aire urbaine de Lyon est la deuxième agglomération derrière Paris Ile de France et devant l’agglomération d’Aix-Marseille qui sont toutes les deux classées en zone I (3%) »

 

Cf. également sur ce sujet le courrier d’intention de Jean-Paul Delevoye, Ministre de la Fonction Publique, en date du 29 juillet 2003.

 

 

 

 Nous comptons sur vous

 Personnel de la Métropole de Lyon :

 Nous vous proposons de répondre très massivement à la sollicitation du Président en lui adressant des courriers mettant en exergue tous les dysfonctionnements que vous subissez au quotidien (Manque de personnel par absence de remplacement, beugs informatiques, mauvaises conditions de travail, défaut d’équipement matériel et informatique, absence de formations adaptées, vétusté des locaux – vestiaires, sanitaires -, impossibilité de paiement des factures des fournisseurs, etc.).

 Merci de faire copie à : syndicat CGT des personnels du département (par mel)

 

 

Document diffusé sous forme de lettre ouverte au Président
Voir le Fichier : courrier_President_Collomb_aux_agents_de_la_Metropole.pdf

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